Dans le sens commun, la pratique d’une activité sportive est associée à la santé et à une recherche de bien être. Mais lorsque la fréquence, l’intensité s’intensifient et que la performance ou le culte du corps tourne à l’obsession certaines personnes peuvent basculer dans des comportements compulsifs et dangereux.

Dans une société qui encense la minceur,  les physiques athlétiques et la performance, il n’est pas toujours simple de prendre conscience du moment où les habitudes alimentaires et le sport prennent un tournant dangereux.

LA PREVALENCE DES TCA CHEZ LES SPORTIFS

Le sujet est encore tabou mais il existe bien une prévalence des troubles alimentaires plus élevée chez les sportifs que dans la population générale. En cause, un rapport particulier au corps, souvent « désincarné » pour en faire un outil de performance (sportive ou esthétique). La santé y est alors sacrifiée.

Les contraintes observées dans certaines les disciplines (morphologies spécifiques, catégories notamment) et le développement des réseaux sociaux sur-exposant certains  influenceurs entretiennent une préoccupation excessive vis-à-vis du de l’image.

Les sportifs qui ont de surcroit la sensation de pouvoir contrôler leur corps peuvent faire de leur alimentation le premier moyen d’obtenir les résultats souhaités.

L’anorexie mentale

Elle se caractérise par une peur de maintenir ou d’atteindre un poids minimum normal, de devenir obèse alors que  l’indice de masse corporelle (IMC) est faible. Il y a également un déni de la gravité de l’état nutritionnel et une aménorrhée chez la femme (souvent masquée par la prise d’hormones contraceptives). A l’origine de l’anorexie se trouve souvent un régime qui devient de plus en plus restrictif induisant une perte de poids rapide.

La boulimie 

Elle se définit par la survenue de crises compulsives avec ingestion massive et rapide d’aliments et un sentiment de perte de contrôle. Les comportements compensatoires y sont associés : vomissements, laxatifs, hyperactivité physique…

S’en suivent des conséquences graves sur les performances, la masse musculaire mais aussi sur les os, les articulations..

L’orthorexie

Il s’agit de l’obsession du diététiquement correct. La souplesse, le plaisir et l’hédonisme des repas est remplacée par la rigidité des paramètres qui l’encadrent : contrôle des quantité (pesée quasi systématique..), de la qualité (ingrédients, traçabilité..), évitement et évictions de certains types d’aliments  (gras, sucre…) ou situation (besoin de connaitre à l’avance les menus / déclinaisons des invitations).  La nourriture deviennent l’unique préoccupation et occupation pour répondre à des objectifs esthétiques ou de performances.

QUAND LE SPORT ET L’IMAGE DE SOI TOURNENT A L’OBSESSION 

La bigorexie 

Les personnes souhaitant perdre ou prendre du poids grâce à la pratique sportive peuvent également développer une forme d’hyper-activité corrélée au besoin d’obtenir des résultats rapides. Le sport n’est alors plus réellement un plaisir mais une obligation ou un rituel. Une séance reportée, annulée ou avortée peut donner lieu à une réaction disproportionnée  et à un mal-être : colère, angoisses, sentiment que le corps va « faire payer » ce manquement…sont autant de signes d’une potentielle déviance.

Le sport augmente les niveaux de dopamine, d’adrénaline et d’endorphines. Ces hormones aident à canaliser le stress et génèrent une sensation de bien-être et d’apaisement. Lorsqu’il est pratiqué à outrance, il apparaît comme dérivatif, une manière de fuir les véritables problèmes.

La recherche d’une perfection extérieure pour masquer les failles intérieures est d’autant plus prégnante dans les sports comportent déjà un caractère « addictif » intrinsèque comme le CrossFit !

La dysmorphophobie 

La dysmorphophobie est un trouble du rapport au corps associée à une déformation  imaginée. Les personnes souffrant de ce trouble ne se définissent plus que par le paraître et peuvent s’isoler socialement. Dans le milieu sportif il n’est pas rare d’être confronté à cette problématique : le symptôme est parfois la projection sur le corps d’une souffrance plus profonde car il est plus facile d’agir sur le corps via des restrictions alimentaires et un excès de sport que sur le psychisme. Pour autant, ces mesures ne permettront pas de restaurer l’image « réelle » de soi…

Ces troubles, loin d’être anodins, sont accompagnés de nombreux sacrifices, loin d’un quotidien heureux et d’un rapport sain à soi. Il est nécessaire d’y prêter attention pour se préserver et préserver au mieux son entourage.

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